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« L’arrière scène d’un Préparateur Mental dans la police

[Expériences et anecdotes] »

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Bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast de la puissance mentale, qui est un peu particulier puisque dans cet épisode, je vais répondre à certaines de vos questions concernant mon rôle d'ancien préparateur mental dans la Police nationale française.

On a reçu plusieurs différentes questions sur les réseaux (Instagram, Facebook et LinkedIn) et sur notre site. À l'issue de cet épisode, si vous avez des idées, des problématiques, des thèmes que vous aimeriez que j'aborde, n’hésitez pas à nous contacter à nouveau sur les réseaux sociaux ou sur notre site internet.

Mon ancien rôle de préparateur mental dans la police !

Je ne suis pas rentré directement comme préparateur mental dans la police, mais j'ai commencé la police en 2005 jusqu’en 2020. Pendant ces 15 ans, j’étais en unité opérationnelle, c’est-à-dire sur le terrain pour une période de 10 ans et pendant à peu près 5 ans, j'étais à la formation en maniement des armes, en sport, en technique d'intervention, secourisme et évidemment en préparation mentale. En préparation mentale, j’ai été formée via le Centre National Des Sports de la Défense, chez les militaires, avec la méthode TOP (Technique d'Optimisation du Potentiel). Donc j'ai été formé en tant que moniteur TOP et en tant qu’un instructeur TOP, l'équivalent de formateur en Technique d'Optimisation du Potentiel et dont j'ai été le premier instructeur TOP de la police nationale française. Ce qui est un privilège pour moi et j’en étais très fière. D'ailleurs, j'avais terminé major de promotion, j’en étais vraiment très fière, surtout que, c'était suite à beaucoup de travail et évidemment aux formations que j'ai reçues via la police, mais en parallèle, j'ai fait énormément de formations en France et aussi à l'étranger.

J’ai commencé ces formations et à vraiment m'intéresser à toutes ces techniques de coaching, de développement personnel, de préparation mentale, à partir de 2000, 2001, 2002 pour aujourd'hui être à la tête de l'Académie de la Puissance Mentale. En effet, ce qui m'a toujours intéressé, c'est de faire un parallèle entre les formations que je suivais et ce que je pouvais vivre dans mon quotidien. Donc autant vous dire que pendant 10 ans en unité opérationnelle, j'ai pu vraiment faire des parallèles incroyables, j'ai tiré des apprentissages énormes par rapport à ce que je pouvais vivre autant moi-même personnellement et en tant que policier de terrain, autant avec le groupe, les autres collègues, mais aussi via certaines interventions.

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En effet, lorsque vous intervenez sur différents types d'interventions, il est rare qu'on appelle la police quand tout va bien. Nous sommes plutôt appelées soit parce qu’il y a des drames, soit parce qu’il y a des infractions qui sont en cours et nous intervenons rapidement dans ces cas. Ce qui m’a appris à gérer mon mental, mes émotions, à être capable de faire preuve de discernement, mais au fil de mon évolution, j'ai compris comment je pouvais m’améliorer, ce qui a été une vraie démarche pour moi. Quand j'étais jeune policier, à la fin de la période où j'étais sur le terrain, la façon dont j’intervenais était complètement différente parce que j'avais cette compréhension de l'humain, ainsi que les personnes avec qui j'étais en contact. Bref, quand vous avez cette connaissance, elle vous aide à interagir, à agir de la meilleure manière que possible. Ce métier de policier est vraiment difficile. Si vous avez la vision de ce métier-là par rapport à ce que vous entendez dans les médias, dans la presse et autres, laissez-moi vous dire que c'est un métier très dur. J’ai vu des choses, j'ai vécu des choses qui ont été très difficiles et j'ai un profond respect pour les gens qui, aujourd'hui, continuent d'exercer ce métier, je les en remercie énormément. Aujourd'hui, je vais répondre à vos questions concernant mon rôle de préparateur mental dans la police tout en vous répondant avec transparence, sans tabou et sans langue de bois.

Question n° 1 : comment prépares-tu les interventions matinales ?

J’en avais parlé quelques fois, c'était au moment de nos interventions dans le cadre légal de 6 heures du matin où notre mission était d'aller interpeller des personnes qui avaient commis des crimes ou des délits. On avait l'autorisation du procureur, pour aller chercher ces derniers à leur domicile et une fois arrivés sur place, très souvent, on était obligés de fracturer la porte pour les prendre par surprise parce que c'était des gens qui étaient potentiellement dangereux et qui pouvaient être armés. Moi, à ce moment, je n’étais pas au raid, ni au GIGN, mais j'étais sur une unité départementale et on intervenait parfois à la place de certains groupes d'interventions tout simplement parce que ces groupes étaient déjà pris, ce qui nous a donné l'occasion de faire quelques interventions très intéressantes.

Comment je me préparais ?

C'est très simple ! C’est pareil quand vous préparez une conférence, un entretien, une compétition de sport ou si vous allez chez votre belle-mère ; vous vous préparez mentalement ces événements.

Ainsi, il y a à peu près 4 périodes préparatoires : l’avant, le juste avant, le pendant et l’après.

Dans l’avant, on se situe jusqu'aux environ de deux heures avant l'événement, il peut être variable en fonction de l'événement évidemment, mais le but était de préparer mon cerveau à des événements qui soient pour lui le moins inconnu possible. En effet, le cerveau n’aime pas ce qui lui ait inconnu parce que, lorsqu’il a quelque chose d'inconnu, il y a le stress qui monte vu qu’il considère ça comme un danger et du coup, il nous fait agir en mode réactif plutôt qu'en mode de discernement et en mode adapté. L'idée était de préparer mon cerveau à l'intervention et donc dans l’avant, je m'imaginais sur le rôle de l'effraction avec un binôme, très souvent mon ami et que je devrais défoncer la porte à l'aide d'un "Door Raider" qui est un gros vérin hydraulique. Je me préparais donc dans l’avant en imaginant l'intervention avec le peu d'éléments que j'avais, c'est-à-dire que si on nous avait dit que c'était un pavillon, je m'imaginais sur un pavillon quelconque, si c'était sur un appartement, je m'imaginais par rapport à l'appartement. Et je m'imaginais d’abord m’avancer et me diriger jusqu'à la porte et ensuite répéter mentalement les gestes techniques. Je m'imaginais poser le vérin et autres dans les moindres détails, je le faisais mentalement très lentement et après je le faisais à vitesse réelle, je m'imaginais le faire parfaitement.

Quel que soit votre événement, il y a des points vraiment fondamentaux à ne pas louper pour que cette visualisation, cette imagination, cette anticipation optimale, soit la plus efficace possible. La première des choses, c'est lorsque vous imaginez peut-être vous voir prendre du recul par rapport à vous-même ou peut-être en train de le vivre, vous imaginez aussi les bruits que vous pouvez entendre, qu'est-ce que vous vous dites à ce moment-là, qu'est-ce que vos collègues peuvent vous dire, qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là et dans le ressenti, ce qui est important, c'est quelle compétence, quelle habileté mentale vous avez besoin de ressentir ? Est-ce que c'est de la confiance, de la sérénité, du dynamisme ou d’autres choses ? C’est important de vous demander ce que vous avez besoin de ressentir à ce moment-là.

Par contre, le point fondamental sur lequel il faut vraiment porter attention, c'est de préparer votre mental à ce qu'il soit prêt à n'importe quelle éventualité. Au moment où on se préparait pour des interventions matinales, on ne pouvait pas tout prévoir et d'ailleurs, des fois on nous disait que la porte et l’entrée était sur une position donnée, mais quand on arrivait sur place, elles étaient complètement sur une autre position. On se préparait aussi à ce que les informations qu'on nous a données ne soient pas les plus justes et qu'on soit en mesure de s'adapter. Ce qui est essentiel dans ce cas, c’est que lorsque vous vous imaginez dans la situation future, c'est de préparer votre mental à ça, tout simplement en vous disant intérieurement par exemple : “quelle que soit la situation, je suis en mesure de m'adapter et que des choses compliquées se produisent ou que des événements extérieurs surgirent, je m'adapte et je garde le focus uniquement sur ma mission.”

Et quand je dis sur ma mission, c’est que de mon côté par exemple, je savais qu'il pouvait y avoir des bruits extérieurs, des personnes extérieures qui arrivent pour le dispositif et j’avais tout pris en compte et listé toutes les possibilités qu’il pouvait y avoir, mais il y a toutes celles qu'on n'avait pas prévu dont je vous parlerai juste après. Je me disais si jamais je sens une perturbation extérieure, je suis capable de m'adapter et en revenant sur un focus interne parce que souvent notre attention à attirer sur un focus externe, sur ce qui se passe à l'extérieur nous amène à agir un peu en mode automatique et parfois on peut faire n'importe quoi.

L'idée, c’est que lorsqu’on a le sentiment d'aller en focus externe, de revenir en focus interne et de gérer réellement ceux qui dépendent absolument de nous ;

peu importe ce qui se passe à l'extérieur, je suis en mesure de m'adapter.

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Je vous raconte l'histoire d'un moment d'intervention où on allait interpeller une personne armée. D'ailleurs, sur cette intervention c'était pas à nous d'intervenir, c'était une équipe encore plus spécialisée qui devrait intervenir, mais à ce moment-là, ils n’étaient pas disponibles. Donc, on y allait et on avait eu comme information que cette personne était potentiellement armée et donc l'idée, c'était d'y aller le plus discrètement possible et d'ouvrir la porte très rapidement pour que les collègues qui étaient à l'interpellation puissent rentrer très rapidement dans l'appartement et d’arrêter le ou les individus. Au moment où je positionne le vérin hydraulique qui est en trois (03) parties mobiles, il y en a une qui va au sol, une partie qui vient se caler sur la porte et une autre partie qui vient se caler dans le haut de la porte et qui va effectuer une poussée horizontale pour ouvrir la porte.

Donc il y a un en bas, un autre en haut et la poussée se fait horizontalement. Au moment où je positionne la partie sur la porte, il y a juste un tout petit bruit, mais un bruit infime donc je la positionne le plus délicatement possible. Et à ce moment-là, le chien qui était à l'intérieur de l'appartement se met à aboyer et pour nous les policiers, c'est vraiment une problématique parce que ça donne l’alerte à l'occupant, à la personne qui est à l'intérieur de l'appartement et le risque, c'est qu'il tire à travers la porte et toute l'équipe d'intervention, n’est plus protéger à 100%. A ce moment, du fait que je me sois préparé mentalement à avoir des choses extérieures qui se passeront, je me suis focalisé uniquement sur ce vérin et ce qui m'a permis de rester concentré et de faire preuve de discernement. Et si peut-être que je n’avais pas été préparé mentalement, j'aurais eu mon niveau de stress qui aurait augmenté, mais dès que j'ai entendu du bruit extérieur, j’étais encore plus focus, j'ai eu mon niveau de concentration qui a augmenté comme s’il n'y avait que mon vérin hydraulique et la porte qui existait. J'ai donc pu procéder très rapidement à l’ouverture de la porte avec mon collègue, ce qui a permis l'interpellation de la personne.

Donc, dans l’avant d’une intervention, ce qui est important, c’est de se préparer mentalement en se disant, qu'est-ce que je vais faire et qui dépend de moi et comment je peux le faire de façon optimale et surtout, préparer son cerveau à ce qu'il puisse y avoir des éventualités parce que quand on se prépare mentalement, il ne faut pas se préparer au meilleur, mais se préparer au pire également. Plus vous préparez votre cerveau à être capable de s'adapter à la situation et plus votre capacité d'adaptation va être optimale.

Il y a la préparation du juste avant qui est quelques minutes ou secondes avant et son but est de se conditionner avant l'événement. Parce que dans l’avant, on peut le faire en fermant les yeux, en s'imaginant beaucoup de choses et autres, sauf que dans le juste avant, les quelques minutes qui précèdent une intervention, un événement, il est important de se conditionner dans l'énergie qui est bonne pour soi. Par exemple, au moment de mon parcours, j'avais créé un mot qu'on appelle un ancrage, qui me permettait d'être focus, déterminé, invincible et « inarrêtable ». Donc, c’est un mot que je me répétais « je suis une machine », même si ça paraît un peu arrogant alors qu'en réalité, quand je me dis que je suis une machine, ce mot m'aide à augmenter mon potentiel, à être focus et à donner le meilleur de moi-même. Et dans le juste avant, c'était de me conditionner dans une énergie, d'être inarrêtable, focus, concentré, déterminé et motivé ; ce qui est vraiment important.

Par exemple, lors d' une intervention matinale, lorsque je montais les escaliers avec le vérin hydraulique. On se positionne déjà à 6h59 minutes et à 6h00, on ouvre la porte, mais à 4h déjà, je suis souvent en réveil. Donc déjà, je passe des nuits assez courtes, par conséquent, le niveau de fatigue, le niveau de vigilance, peuvent être amoindris. Dans ce cas, si je ne me conditionne pas, le risque, ça aurait été de ne pas être opérationnel. En résumé, dans le juste avant, c'était de me conditionner dans une énergie, d'être inarrêtable, d'être focus, concentré, déterminé et d’être motivé, c’est vraiment important.

Demandez-vous dans le juste avant d’un événement, ce que vous préparez, dans quelle énergie vous avez besoin d'être, parce que sur une intervention de police, le but ce n’était pas d'être bon, mais c’était d'avoir un niveau d'activation physique, mental et énergétique, qui soit optimal. Quand je suis sur un autre type d'événement, parfois j'ai besoin d'être plus serein, plus calme, et détendu. Imaginez que vous allez pour rencontrer votre belle-mère ou tout autre personne qui a tendance à vous stresser, vous pouvez déjà vous préparer mentalement quelques heures avant, et lorsque vous êtes sur le pas de la porte, vous prenez une bonne inspiration et une bonne expiration pour être prêt et vous conditionnez mentalement à ce qui va se passer. En fait, chaque phase que je suis en train de vous évoquer, permet de remettre de la conscience dans ce que vous vivez, vous prépare à être dans le moment présent, car c’est fondamental.

Pendant les interventions de la police, tant que toutes les personnes n'étaient pas interpellées, mon niveau d'activation, de vigilance, devrait être optimal. D'ailleurs, lors d’une ancienne intervention, j'ai une collègue qui m’a dit de regarder une porte qui n’a pas été faite, or c’était un appartement qui était très grand. Donc, on est allé voir la chambre et, heureusement que notre niveau de discernement, d’activation et d'attention étaient à leur comble parce qu’il y avait encore un des frères de la personne qui était interpellée qui était là et d'ailleurs, lorsqu’elle a constaté que c'était la police, elle est allée directement au contact. On a dû l'interpeller un peu avec coercition.

Dans le pendant, il faut toujours garder le niveau d'activation dont vous avez besoin. Personnellement, quand je préparais une personne pour une distance de plusieurs centaines de kilomètres, il y a des moments où elle avait besoin d'avoir son niveau d'attention et son focus très élevé, et à des moments, quand il n’y a pas de souci, son niveau d'attention pouvait être beaucoup plus relâché. N’oubliez donc pas que ce niveau d'attention et de vigilance, demande aussi énormément de jus.

Ce qui est intéressant dans le pendant, c'est de prendre du recul par rapport à vous-même, de savoir dans quel état vous êtes et surtout de quel état vous avez besoin et en fonction de cela, vous s'ajuster.

L’après l'intervention

Ici, ce qui est intéressant, c'est de faire des débriefings, des feedbacks. Parfois, on le faisait en équipe et parfois, pour des raisons quelconque on n'avait pas l'occasion de le faire. Personnellement, à chaque fois, je me faisais un feedback personnel, je me posais la question d’abord :

● Dans cette intervention, qu'est-ce que j'ai bien fait ?

● Dans cette intervention, qu'est-ce que j'ai moins bien fait et que je pourrais améliorer ?

● Qu'est-ce que je pourrais ajouter, en termes de compétences personnelles ? Peut-être que je peux m'améliorer techniquement, être plus serein, plus dynamique, plus focus, mieux communiquer avec mes collègues, etc. C'était le discernement que je faisais après l'intervention.

● Qu'est-ce que j'enlève dans les choses que j'ai faites ?

● Qu’est-ce que je peux faire différemment pour que ça soit encore meilleur.

En résumé,

1. Qu'est-ce que j'ai bien fait ?

2. Qu’est-ce que je peux améliorer ?

3. Qu’est-ce que je peux ajouter ?

4. Qu’est-ce que je peux enlever ?

5. Qu’est-ce que je peux transformer ?

Ce sont les 5 points pour faire un débriefing qui soit opérationnel. Quand vous faites un débriefing de cette manière, quel que soit l'événement, que ce soit votre belle-mère que vous voulez aller voir ou que vous préparez une conférence devant plusieurs milliers de personnes, le but est de faire preuve de beaucoup d'humilité, et de vulnérabilité, parce que si vous partez du principe que tout est parfait, le risque est que, quand un autre événement va se reproduire, vous ne serez pas au top et vous ferez peut-être les mêmes erreurs, ou encore mieux, vous resterez sur un niveau qui soit équivalent, alors que vous auriez pu vous améliorer.

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D'ailleurs, ce que j’ai toujours trouvé intéressant dans les groupes d'intervention, que ce soit le raid, les librairies, le gap ou tous ces groupes d’intervention, ces équipes qui font vraiment du travail spécialisé, c'est qu'ils sont à la recherchent de l'amélioration continue, cherchent des détails pour être toujours meilleur. D’ailleurs, je me souviens lorsque j'étais en stage de préparation mentale, quand on était formé chez les militaires, j'avais un collègue du raid qui s'appelle Cédric, un mec qui m'a toujours vraiment beaucoup inspiré par son humilité, par cette volonté de toujours s'améliorer.

À un moment donné, on va sur une épreuve aquatique où on avait un parcours de mémorisation à faire. On savait que sur ce parcours, on serait obligé à monter sur une structure gonflable et à s'asseoir. En arrière, on devrait faire une pirouette arrière avec le pied et la main liée et le but c'était de nager jusqu'au bord en ayant le pied et la main liés dans la piscine. Par ailleurs, on ne risque rien puisqu'il y a des plongeurs qui sont là pour assurer la sécurité, mais bien qu’on était convaincu qu'on a aucun risque à craindre, on avait toujours la peur au fond de nous.

Certes, je m'appelle Brochet, c’est mon nom de famille, qui signifie un poisson d'eau douce, mais ça ne veut pas dire que je dois aimer l’eau. A l'instant, je vais voir mon copain qui s'appelle Cédric en lui disant, « Cédric, comment toi qui as l'habitude de faire ce genre d'épreuve, tu te sens par rapport à ça ? » et là il me dit quelque chose qui m'a toujours marqué :

Tu sais Geoffrey, même si je l'ai déjà fait, je considère que c'était la première fois. Évidemment, je l'ai déjà fait et mon cerveau s'est déjà habitué à cet environnement, mais par contre j'ai un niveau d'attention comme si je le faisais pour la première fois. J'ai vraiment trouvé ces propos très précieux avec beaucoup d'humilité et surtout ça montrait à quel point il restait toujours vigilant, car le risque sur ce genre d'épreuve, c’est que si vous êtes en excès de confiance, c'est que vous n'avez pas le bon discernement, la bonne capacité d'adaptation et par conséquent, votre gestion émotionnelle, mentale et comportementale, ne soit pas du tout adaptée à ce que vous allez vivre.

Je tiens vraiment à le remercier pour ces paroles échangées et même s' il ne s'en souvient plus, ces paroles m’avaient vraiment beaucoup aidé. Donc, voilà pour cette première question qui était de savoir comment je me préparais mentalement pour les interventions matinales.

Alors, pendant l’avant, le juste avant, le pendant et l’après ! Demandez-vous dans votre quotidien comment le fait de le séquencer, de conscientiser ces différentes périodes, va pouvoir vous aider dans votre évolution personnelle ou professionnelle.

Question n°2 : qu'est-ce qui a beaucoup impacté ta faculté de discernement lorsque tu agissais sous stress ?

C’est vraiment une très bonne question. Effectivement, il y a beaucoup de choses qui impactent la faculté de discernement. Je pense que ce qui impactait beaucoup plus ma faculté de discernement ,à lâcher prise, à être capable de m'adapter, c'était le sommeil et la fatigue. Quand j'étais au commissariat de secteur ou en unité départementale d'intervention, on avait des horaires complètement différents. On travaillait de nuit, en matinée et en soirée, c'était vraiment varié et on pouvait être décalé régulièrement, ce qui fait que notre sommeil était réellement impacté.

Lorsque vous êtes fatigué, vous avez votre zone de maîtrise qui est vraiment très réduite. Cette zone de maîtrise, c'est lorsque vous maîtrisez la situation, parce que vous avez une capacité de discernement, un dialogue intérieur et une gestion émotionnelle et mentale, qui est correcte et qui vous permet d'avoir des comportements qui soient adaptés à la situation.

Donc, plus vous avez de fatigue, plus vous avez de manque de sommeil et plus cette zone de maîtrise est réduite. Il ne faut pas grande chose pour avoir un impact émotionnel et un dialogue intérieur qui soit plutôt négatif, ou qui ne soit pas productif. Par exemple, quand vous êtes en vacances et que tout va bien, il peut vous arriver des choses imprévues comme quelqu'un qui vous bouscule dans la rue sans le faire exprès par exemple et s’excuse au retour. Vous acceptez ses excuses et qu’il vous arrive la même chose à un moment où vous êtes complètement fatigué à cause d’un travail ou une mésentente avec une personne au travail ou avec votre conjoint /conjointe. Aussi, il pleut, il fait froid et personne ne vous bouscule à ce moment ? Autant vous dire que votre zone de maîtrise est plutôt fine et ce qui fait que, vous allez dire des choses, penser des choses ou ressortir des choses qui ne sont pas du tout adaptées, alors qu'en fait, si on prend du recul, c'est juste une personne qui vous a bousculé avec un petit coup d'épaule sans faire exprès et en plus qui s'est excusé. Ce qu'il faut comprendre sur ce qui m'importait quand j'étais dans la police, c’était le manque de sommeil et aussi la fatigue qui a un effet direct sur ma gestion mentale, émotionnelle et comportementale.

Aujourd’hui, il y a d'autres facteurs qui peuvent diminuer votre faculté de discernement. Par exemple, quand on n’était amené à intervenir sur des situations où il y avait des enfants qui étaient en jeu, où émotionnellement c'était compliqué, c’était vraiment difficile vu qu’on est pas des machines. Comme autre exemple, lorsque j'intervenais sur des différends familiaux où vous aviez une gamine ayant 3 à 4 ans qui se sont fait cogner par leur père alcoolique, autant vous dire qu'à ce moment, la faculté de discernement était compliquée. En tant qu'homme, on a juste envie de lui faire la même chose, mais en tant que professionnel de la sécurité, il était impossible de régler les comptes, car notre objectif, c'était juste de l'amener devant la justice. Quand c’était un contexte familial, un peu émotionnellement difficile, il agissait avec évidence sur ma faculté de discernement, et donc le stress avait tendance à augmenter.

Lors d'un coaching en préparation mentale, quand vous avez quelque chose qui est émotionnellement fort, c'est à ce moment qu'il faut mettre encore plus de cadre, parce que ça vous protège tout simplement. Ainsi, pour répondre à cette question, il y a vraiment la fatigue, le sommeil et en plus, lorsque c'est un contexte un peu délicat émotionnellement, il agit sur ma faculté de discernement.

Question n°3 : Geoffrey, tu étais moniteur de tir dans la police, comment utilises-tu la préparation mentale pour toi et pour les gens que tu formais au maniement des armes ?

L’utilisation des armes, c'est quelque chose qui peut-être assez anxiogène !

Je me demande si vous avez déjà eu l'occasion de tirer avec une arme à feu vu qu’en plus, ce sont avec des balles réelles. Si vous ne l’avez jamais utilisé, ça peut être assez stressant. En effet, lorsque j'étais à l'école de police des officiers, j'avais de différents types de publics, j'avais aussi des collègues qui avaient fait plusieurs années au raid ou à la mairie dont certains maîtrisaient des armes mieux que moi et on avait aussi des personnes qui sortaient de la faculté et qui n'avaient jamais utilisé une arme à feu. Pour certaines, c’était très anxiogène et très difficile d'appréhender l'arme. Donc, ce qui est important de comprendre, c'est que mon positionnement était crucial, fondamental, c'est-à-dire que si j'arrivais avec rigidité en interagissant de façon trop brute avec la personne, ça pouvait encore plus accentuer son stress. D’ailleurs, peut-être dans votre job, pensez aux personnes qui sont stressées dans votre entourage, observez-vous et demandez-vous si votre façon d'intervenir est bien adaptée à la situation générale.

Par rapport au maniement des armes avec mes élèves, j'intervenais de façon très bien avec eux. Que ce soit dans ma manière de communiquer, de parler, j'étais très bien et relaxe. Par contre intérieurement, j'étais ultra focus et attentif parce que c'était des armes réelles avec des balles réelles. Ainsi, ce qui était important pour moi était d'apporter du calme, de la sérénité, tout en ayant un niveau de vigilance très attentif parce que vous n'êtes pas à l'abri d'une personne qui lorsqu'elle a son arme à la main qui est chargée, dérives à droite, à gauche et dans ce cas-là, vous met en danger. Tous ces mouvements, demandait vraiment une gestion émotionnelle et mentale de ma part, qu’une gestion aussi émotionnelle et mentale de la part de la personne qui tire. Donc, c'était déjà tout d’abord le contexte qui était favorable à ce que la situation se passe bien.

Comme anecdote, à un moment donné on avait ce qu'on appelait des auditeurs étrangers qui sont des policiers étrangers qui venaient se former en France dans l'école, à un moment donné sur le pas de tir, je vois mon collègue sur la gauche, il semble en difficulté avec un tireur. Ce dernier, à chaque fois qu'il tirait, il fermait les yeux, ce qui était un peu dangereux. Mon collègue, sachant que j'étais un préparateur mental et que j'avais cette capacité à aider des personnes à se détendre, à se relâcher et à être plutôt décontracté, me dit « Geoffrey, est-ce que tu ne pourrais pas venir lui dire quelque chose ? il semble extrêmement stressé ». Je me dirige donc vers cette personne, et tout de suite quand je m'approche, j’ai eu une intuition qu'il y a autre chose que juste du stress. J’ai donc proposé à mon collègue de me laisser discuter quelques minutes avec lui, ce qu’il accepta sans aucun souci.

Dans mon approche, ce qui est fondamental d’ailleurs, j’ai créé un climat de confiance avec la personne, qui était une personne issue d'un pays étranger ( venu faire un stage en France) puis je lui demande comment il va et s’il voulait m’en dire plus. Suite à cette question avec beaucoup d’empathie, il a vraiment senti que je n'étais pas là pour le juger, pour le sanctionner et pour le blâmer et il me dit « Geoffrey, quand j'appuie sur la détente c'est vraiment difficile pour moi » et je lui demande quand tu dis que c'est difficile, qu'est-ce qui se passe réellement ?

Il me dit « Geoffrey, à chaque fois que j'appuie sur la détente, je me rappelle quand mes parents se sont fait abattre devant moi dans mon enfance » Elle a osé me faire part d’un traumatisme alors qu’on était pas du tout dans le domaine de la préparation mentale, j’étais donc amener à arrêter la séance en le remerciant d’être confié à moi et pour avoir faire preuve de vulnérabilité. Ce qui est intéressant dans cette anecdote, c’est que la façon dont s’est confier à moi cette personne dépendait aussi de la façon dont je suis intervenue, car il a compris qu’il pouvait se confier.

J’ai donc compris que ce n'est pas les techniques de communication, ce n’est pas tout ce que vous avez pu apprendre qu’il faut dire, mais quelle énergie vous dégagez lorsque vous approchez d'une personne, quel climat de confiance vous instaurez pour que la personne se sente en sécurité pour qu’elle puisse se livrer à vous si elle le désire afin que vous puissiez l'aider dans sa démarche et dans son évolution.

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Ainsi, la préparation mentale a été utile parce que j'ai vraiment travaillé sur moi, sur ma façon d'être, pour après pouvoir aussi aider la personne quand c'était des situations complètement difficiles. Je vous précise que l’appel de mon collègue, pour l’aider, ce n’est pas qu’il n’était pas compétent, mais parce qu’il a juste considéré qu’au vue de toutes les techniques et stratégies que je connaissais en préparation mentale, j’étais la personne idéale pour intervenir face à cette situation.

Et, heureusement pour ce tireur et pour nous, on a pu l'exempter de tir parce que ça pouvait lui faire retravailler ce traumatisme, ce qui n’était pas forcément une chose qui était bonne pour lui et pour les autres. Donc, voilà comment j'utilisais la préparation mentale dans le maniement des armes. Je l’utilisais aussi lorsque j'avais des personnes expérimentées à accompagner. Par exemple, je me souviens d'une personne qui devrait avoir entre 15 à 20 ans d'expérience en tant que policière, qu’à chaque fois qu'elle tirait, le premier impact de balle était bien dans la cible et les autres étaient un peu éparpillés. Du coup, rien qu'en l’aidant à visualiser, à répéter mentalement sa sortie d'armes, son positionnement pour après imaginer d'appuyer sur la détente, ça donnait des résultats intéressants. De plus, honnêtement, sur une séance de tir on ne peut pas mentir, car si les impacts sont à chaque bout de la cible ou alors s'ils sont centrés, ça se voit et donc ce sont les résultats qui parlent. Je me suis rendu compte que j'ai pu l'utiliser de nombreuses fois sur des répétitions mentales pour améliorer la technique en tir.

Certes, il y a des conditions vraiment particulières pour que la répétition mentale soit optimale, car il faut utiliser les 5 sens pour ressentir pleinement, on peut le faire de façon dynamique, en ayant les yeux ouverts, les yeux fermés, en étant debout, et s'adapter en fonction des différents contextes, mais très intéressant parce qu’on peut tout améliorer grâce cette répétition mentale. En résumé, c’est de cette façon j'utilisais la préparation mentale dans les séances de tir et également dans les séances de groupes lorsqu’ils allaient préparer un examen de tir en les aidant à se préparer mentalement pour ces épreuves qui étaient pour eux importante parce que ça comptait dans leur note générale et ça avait un impact sur leur classement final.

La question c'était comment je prépare les autres et comment je me prépare. L'anecdote la plus intéressante que je peux vous faire part sur comment je me préparais au tir, c'est lorsque j'ai passé le monitorat de tir. En effet, le moniteur de tir, c’est que pendant deux semaines vous vous entraînez énormément au tirent pour devenir un bon tireur et à l'issue, vous avez une évaluation qui est éliminatoire et si vous validez cette évaluation, vous pourrez continuer le cursus. Pendant les 15 premiers jours de ces séances de tir, j'étais un bon tireur, j'avais beaucoup progressé de façon incroyable, je groupais tous mes tirs, j'étais un bon tireur et les instructeurs me le disait également. Le jour de l'évaluation, je suis arrivé en excès de confiance, je me disais que vu que tout s’est bien passé pendant 15 jours, il n’y a aucune raison pour que ça se passe mal cette fois-ci. Le problème c'est que lorsque je suis passé sur cette épreuve, j’étais tellement en excès de confiance que j'ai pris trop de temps et au lieu de mettre 50 secondes le temps qui était imparti, j'ai mis 56 ou 57 secondes et donc tous les impacts de tirs qui avaient été tiré pendant cette période, n’ont pas été comptabilisé. J'ai été finalement éliminé et quand dans un groupe d’à peu près de 20 personnes, on donne trois noms et vous faites partie de ces trois noms, c’est pour vous dire que vous êtes éliminé. C’était un coup dur pour moi, mais j'ai eu quand même la possibilité de repasser cette épreuve de tir et pour cette fois ci par contre, je me suis réellement préparé. J’ai pris du temps pour m’observer, m’analyser, en me disant, qu'est-ce que je pourrais améliorer, perfectionner et rajouter.

Ainsi, j'ai pris conscience qu’effectivement, j'étais trop confiant sur cet examen. Donc, j’ai séquencé comme je vous ai dit dans le avant, le juste avant, pendant et après. Dans le juste avant, je me suis rendu compte que je pouvais encore optimiser ma préparation mentale et en conditionnant à l'événement et là, j'étais en mode machine, j’étais en mode compétition. Pour cette deuxième possibilité de repasser l'épreuve, le chrono c'était 50 et j'ai mis 43 secondes et sur ces 43 secondes, j’ai centralisé tous les tirs. D'ailleurs, un des instructeurs qui étaient là, le commandant qui était responsable du centre de tir, il dit à son collègue que c’était intéressant parce que ce qu’il vient de voir est typique parce que toutes les positions, les manipulations de tir que je faisais pendant le parcours étaient faites à la perfection tout simplement, parce que j'avais préparé mentalement, tout le parcours que je devrais faire. Ce que vous devez comprendre avec la préparation mentale, c'est qu'on prépare son mental et son cerveau à une situation. C'est une question d'entraînement, plus vous allez vous entraîner à le faire, et plus vous serez capable de vous adapter à la situation qui se présente. Evidemment, n'oubliez pas que lorsqu'on se prépare à une situation, ce qui est très important, c'est d'anticiper autant le bien qu'autant ce qui peut mal se passer, parce que si vous vous préparez d'une façon trop idéaliste, le risque c'est lorsqu'il vous arrive des broutilles sur le terrain, vous pouvez perdre vos moyens, ce qui n’est pas le but. Le but, c'est d'être toujours capable de s'adapter et d'avoir des comportements qui soient justes et adaptés à la situation.

C’est ainsi que je me préparais mentalement et comment j’aidais aussi les autres personnes à se préparer mentalement sachant qu’effectivement quand on est vraiment prêt mentalement, ça agit sur ses actions et lorsque vous avez une arme dans la main, il suffit de bouger de quelques millimètres votre arme pour que l'impact en cible qui a lieu à plusieurs mètres de vous soient complètement différent. En gros, vous bougez de quelques millimètres ou quelques centimètres de votre arme la direction du canon et 25 mètres plus tard dans la cible, l'impact c’est qu’il peut avoir vraiment plusieurs centimètres ou plusieurs mètres d'écart. C'est du concret, du réel et on voit vraiment l'impact de la préparation mentale sur la technicité.

Question n°4 : quelle technique utilises-tu le plus pour gérer les situations dangereuses ?

S'il y avait une technique qui est plus simple et surtout plus efficace, mais qui demande aussi, à s'entraîner pour que l'on puisse l'ajuster à ses propres besoins, c'est la respiration couplée avec le dialogue intérieur.

En effet, la respiration, on a besoin d'être plus calme, plus détendue et plus décontractée et donc dans ce cas, on va utiliser des respirations qu'on appelle relaxantes et décontractantes. C'est très simple, le temps d'inspiration sera plus court que le temps d'expiration, vous allez par exemple inspirer sur deux ou trois secondes et vous allez expirer sur un temps plus long de 7 secondes voire plus. Mais, ce qu'il faut comprendre c'est que ce type de respiration agit sur votre système physiologique en activant le système parasympathique et permettant à votre corps d'être en mode plus décontracté et plus détendu. A l'inverse, si on utilise des respirations qui sont dynamisantes où le temps sera plus long que le temps d'expiration. Le système sympathique, c'est celui qui prépare le mental, le corps, à l'action et permet de dynamiser. En somme, le discours intérieur dont on a besoin, va permettre de donner beaucoup plus de puissance à sa technique de respiration et parfois on a juste besoin de couper ce discours intérieur en mettant On Off pour rester focus sur la situation. Donc si j'avais une technique me permettant de gérer les situations les plus dangereuses et les plus stressantes, ce serait la technique de respiration, avec un discours intérieur qui soit le plus adapté possible. Évidemment, tout ça demande de l'entraînement, de l'utilisation dans des situations qui soient calmes et qui soit sécure pour qu’après être en mesure de les utiliser dans des situations qui soient plus à risque, plus dangereuses, bref, qui demande plus de concentration. Le but, c'est d'agir toujours en étant décontracté et en agissant avec concentration.

Questions n°5 : as-tu déjà préparé des groupes ? ou est-ce que tu préparais uniquement en individuel ?

Je faisais les deux, c'est-à-dire que je préparais des groupes constitués de 3 à 4 personnes et des fois j’arrivais à aller à prêt de 80 à 100 personnes parce que je pouvais leur faire vivre aussi une séance de préparation mentale comme la confiance en soi, la motivation, la fatigue, le lâcher prise, le passage à l'action et plein d’autres domaine de la préparation mentale et on pouvait aussi leur faire vivre des situations en état modifié de conscience pour préparer leur mental à une situation future. Lorsque j'intervenais en individuel, c'était beaucoup plus spécifique, plus précis, on pouvait aller plus dans le détail et c'était beaucoup plus ajusté à la problématique de la personne.

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Question n°6 : Comment as-tu collaboré avec des groupes spécialisés dans le domaine de la préparation mentale ?

Donc c'est vrai qu’en étant situé à l'école des officiers, j'ai eu la chance de côtoyer énormément de groupes d'interventions, que ce soit le RAID, la BRI, le GAHP qui est le groupe spécialisé du service de la protection, et d'autres groupes encore. Ces collaborations m’ont permis de comprendre comment ils fonctionnaient, qu’est-ce qu’ils mettaient en place, notamment sur leur test de sélection j'ai eu la chance de pouvoir y assister à un certain nombre et je voyais pourquoi ils mettaient de tel exercice à tel moment. En effet, ce qui m'a permis de comprendre que ce qu’ils recherchaient c'était surtout un type de personnalité au-delà d'une personne qui était forte dans tous les domaines, qui avait cette capacité mentale et émotionnelle à s'adapter à différents types d'interventions. Toutefois, il fallait que la personne soit un bon policier et qu'il ait une présence d'esprit qui soit bonne autant pour lui que pour ses collègues.

Mais, maintenant à candidat équivalent, il favorise quelqu'un qui avait plus tendance à mieux gérer son mental et ses émotions et pour tester ça, les candidats dorment très peu et ce qui fait que leurs zones de maîtrise sont très fines et du coup, on voit réellement la personnalité de chaque candidat qui se révèle. Parce que, quand vous passez une semaine de sélection, vous dormez très peu et c'est donc difficile de faire semblant, car ils viennent vous chercher dans vos retranchements, vous bousculent un peu, quand vous êtes sur des séances de combat, ils voient réellement comment vous agissez. C'est vraiment très intéressant de voir comment la personne réagit et agit sous stress, sous pression et c'est ce qui permet pour eux de sélectionner les personnes qui sont les plus malléables c’est-à-dire, ceux qui sont capables de s'adapter à n'importe quel type de situation. Donc, le fait d'avoir côtoyé ces différents types de personnes, de différents types de groupes, m'a énormément enrichi en termes de feedback et m’a permis aussi aujourd'hui d'utiliser certaines choses qu’eux utilisaient quand je fais des mises en situation et c'est vraiment très intéressant.

J'ai eu la chance de les rencontrer à l'école de police, mais aussi quand je me suis formé en préparation mentale chez les militaires, j’ai eu la chance de rencontrer énormément de personnes qui avaient vécu des différents conflits et de discuter avec eux. J'ai appris énormément de choses et j'en suis ressorti vraiment grandi. C’est un peu comme ça j'ai pu aussi travailler avec ces gens-là, sachant qu'aujourd'hui même si je ne suis plus dans la police, j'ai pas mal de personnes qui viennent se former au sein de l'Académie. J’ai des gens qui sont dans plusieurs direction et de différents types de public policiers qui viennent encore se former au sein de l'Académie de puissance mentale, parce que tout ce que l'on propose permet de s'appliquer pour eux qui sont dans l'opérationnel, des personnes qui sont dans les formations avec eux, qui sont en reconversion professionnelle et des personnes qui sont là aussi pour en apprendre plus sur eux-mêmes. Tout ce qu'on propose permet aussi évidemment de s'adapter à tous ces types de situations.

Dites-moi si pour vous, je suis allé assez dans les détails ou pas et n'hésitez pas si vous avez d'autres questions, c’est un grand plaisir que j'y répondrai. Aujourd’hui dans l’académie, lorsque j’ai des feedbacks à donner, j'utilise parfois certaines situations qui m'ont été très utiles et qui m’ont permis d'imager ce que je suis en train d'évoquer. J'ai pas du tout mis un cache sur ce passé, mais au contraire, ça m’a été un réel laboratoire où j'ai appris énormément de choses et surtout j'ai intégré, tester et expérimenter toutes les techniques qui aujourd'hui, ont utilisent dans la méthode puissance mentale. Elles viennent du terrain comme la police, du sport, de l'entreprise, des particuliers, etc. En somme, j'espère que vous avez trouvé de la valeur dans cet épisode !

Je vous dis à la prochaine.

Prenez soin de vous.

Geoffrey


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